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[J-drama] — Voyages temporels et baisers mortels dans Todome No Kiss

Ma note : 17,5/20

Todome no Kiss (Kiss That Kills) est un drama japonais de 2018 avec à l’affiche Yamzaki Kento (Death Note, Suki Na Hito ga Iru Koto) et Kadowaki Mugi. Diffusé tous les dimanches sur NTV, la série a été scénarisé par Izumi Yoshihiro (Death Note, Ranma 1/2, Shudan Sasen). Le drama a été particulièrement populaire l’année de sa sortie.

Dojima Otaro (Yamazaki Kento) est un host du club Narcissus qui ne pense qu’à l’argent et au pouvoir, et ne croyant pas à l’amour. Un jour il fait la rencontre de Namiki Mikoto (Araki Yuko), une jeune femme qui possède deux millions de Yen. Otaro est prêt à tout pour séduire la femme afin d’avoir cet argent. Malheureusement, une autre femme (Kadowaki Mugi) fait soudainement apparition dans sa vie, en l’embrassant sans prévenir. Otaro va très vite réaliser que les baiser de cette femme mystérieuse le tuent et le ramène 7 jours dans le passé. Va-t-il réussir à avoir ses deux millions ? Et pourquoi cette femme mystérieuse aux baisers mortels le poursuit-elle ?

Et si revenir dans le passé était possible ?

A la lecture du synopsis, j’étais persuadée que le drama allait se focaliser sur l’aspect mortel des baisers, mais en réalité c’est surtout leur pouvoir de faire remonter le temps qui nous intéresse. Je précise avant toute chose que j’ai un gros faible pour les histoires avec des voyages dans le temps, a condition que le scénario soit bien écrit. En effet, il y a régulièrement des couacs : quelque chose nous semble illogique, une boucle temporelle n’est pas bouclée, etc. Dans Todome No Kiss j’ai trouvé que l’on ne se posait pas trop de questions et qu’on comprenait facilement les différents retours dans le temps. Le premier épisode peut se révéler assez perturbant et nous sembler tourner en boucle : on ne comprend pas ce qui se passe, et on revient sans cesse dans le passé. Mais je suis persuadée que cet épisode est important pour la suite du récit et il met bien en place les pièces du puzzle ainsi que l’ambiance du drama.

J’ai beaucoup aimé la manière dont notre héros, d’abord effrayé par notre héroïne, va ensuite tirer profit de son pouvoir. Le voyage dans le temps va devenir de plus en plus réfléchis et va vraiment devenir intéressant. Otaro n’hésite jamais à embrasser Saiko et donc à mourir pour avoir son argent. Il est vrai qu’on peut se questionner sur ce qui arrive à chaque Otaro qui décède. C’est dans Todome no Parallel, réalisé après la série principale, que l’on s’y intéresse vraiment pas le biais de court épisodes.

Mais le drama nous fait réfléchir sur le voyage dans le temps et son utilité. Certes, il y a des aspects positifs comme sauver des vies mais il y en a aussi des négatifs. La façon dont Saiko et Otaro utilisent le pouvoir parle d’elle-même. Si notre héroïne pousse Otaro à voyager pour sauver des vies, notre protagoniste quant à lui voyage à des fins beaucoup moins louables et égoïstes, au point que ses voyages se révèlent dangereux pour les autres. Est-ce que le voyage dans le temps est nécessaire pour être heureux ? Otaro revient sans cesse dans le passé mais à cause de cela il ne vit plus vraiment, il prend sa vie pour acquise. Il sait pertinemment qu’il a le droit à l’erreur et qu’il pourra tout recommencer, si bien qu’il ne réfléchi plus vraiment à ses actes et à leur conséquences. Mais Otaro oublie ce qu’est la réalité. On n’a jamais plusieurs chance, il n’y en a qu’une seule.

Finalement, remonter dans le temps ne crée qu’une boucle infinie de regrets.

— Harumi —

Toute l’histoire autour de l’accident qui a eu lieu au début de la série était plutôt bien réussi, mais des questions restent sans réponses. Par exemple, que faisait Saiko sur le bateau ? Et on retrouve le cliché habituel des héros qui se connaissaient dans le passé. Ce que j’ai aussi apprécié c’est tout le parcours de notre héros pour séduire Mikoto, c’est notamment la partie me principal de récit et j’ai trouvé ça vraiment prenant. On veut savoir comment il va s’y prendre, quels pièges il va réussir à éviter, comment ses voyages dans le temps vont changer les choses et un futur que le spectateur et le héros connaissent déjà.

Quand les baisers ne sont pas un acte d’amour

Dans environ 90% des dramas le baiser est avant toute chose un acte d’amour, c’est souvent un des passages que le spectateur attend avec le plus d’impatience. Pourtant dans Todome No Kiss, il y a une sorte de désacralisation du baiser que j’ai adoré.

Embrasser devient ici un moyen d’atteindre ses objectifs : Otaro et Saiko s’embrassent sans cesse pour retourner dans le passé, Otaro embrasse les femmes dans le simple but de les séduire et d’obtenir de l’argent. Aucun baiser n’est romantique dans ce drama (si ce n’est peut être le baiser entre les protagonistes lors du mariage). Un baiser peut être aussi beau que dangereux, aussi impulsif que prémédité.

Ceux qui désirent l’amour finissent malheureux. Quand aucune émotion n’entre en jeu, un baiser peut devenir une arme. Quoique même sans émotions, il reste la sensation.

— Dojima Otaro à Saiko —

Par ailleurs, dans la plupart des dramas japonais que j’ai pu voir, les baisers sont souvent très pudiques. Ici nous avons affaire à de vrai baisers et qui rend le tout très réaliste. Je n’ai jamais vu autant de baiser dans un drama japonais aha.

Enfin, en désacralisant le baiser, l’affection des personnages va passer par d’autres moyens. Les seuls moments où ils se témoignent un peu d’affection, en se soutenant ou en se comprenant est plus important et plus romantique qu’un baiser. C’est une relation atypique mais vraie !

Ni gentils, ni méchants : tout le monde peut changer

J’ai beaucoup aimé le fait que, dans ce drama, il n’y ai ni vraiment de méchant ni vraiment de gentil. En fonction des circonstances et des rencontres une meme personne peut se transformer ou non et avoir un futur totalement différent. La preuve que chaque action que nous prenons à un impact. 

Dojima Otaro, interprété par Yamazaki Kento

Dojima Otaro est un des héros les plus détestables que j’ai vu. Avide de pouvoir et surtout d’argent, il est prêt à tout pour atteindre ses objectifs et avoir ce qu’il souhaite. Il n’hésite donc pas à manipuler les autres individus, sans se soucier des conséquences de ses actes. Et il est passé maître dans l’art de la manipulation ! Les femmes en particulier ne sont que des jouets à ses yeux et un moyen d’obtenir ce qu’il souhaite. Pourtant, aussi paradoxal que ce soit, je n’ai pu m’empêcher d’adorer le personnage. J’ai pris son parti lors de chaque situation, en particulier lorsqu’il était contre le frère de Mikoto, Takauji. Je voulais qu’il atteigne ses objectifs, aussi peu louables qu’ils soient (du moins au début). Bien évidemment le personnage a un bon fond. Mais contrairement au tsundere de base qui cache juste sa peronsalté douce et gentille, Otaro ignore simplement son existence. C’est Saiko qui va faire ressortir ce qu’il y a de bon en lui et l’orienter vers de meilleures décisions. Le développement du personnage est assez impressionnant mais également subtil. Il n’y a pas de changement grossier d’un épisode à l’autre comme on peut le voir dans d’autres dramas. Même jusqu’à la toute fin, Otaro reste une personne qui n’est pas encore prête à se sacrifier. Mais son affection pour Saiko va le faire énormément changer et j’aime beaucoup l’homme qu’il devient à la fin de notre histoire.

Ce qui m’a aussi beaucoup plu chez Otaro c’est sa sorte de deuxième personnalité assez enfantine. Par moment il a des mimiques assez drôle et des réactions qui tranchent totalement avec son côté classe qu’il tente de montrer en permanence. Je pense à tous ces moments où il est effrayé de Saiko ou bien à ceux durant lesquels il se félicite de ses succès. On dirait un enfant ravi d’avoir recu son jouet pour Noël, avec les yeux qui pétillent.

En acceptant ce projet, Yamazaki Kento a su montrer sa capacité à diversifier son jeu d’acteur, en ne se limitant pas qu’à des rôles dans des comédies romantiques. Interpréter des personnages désagréables, comme l’est Dojima Otaro, n’est pas toujours facile. Malgré certaines expression qui me paraissaient parfois légèrement « forcées », Yamazaki Kento reste un très bon acteur et dont la présence dans des dramas me fait toujours très plaisir. J’espère qu’il continuera à diversifier ses rôles afin d’enrichir sa carrière car il a encore beaucoup de potentiel !

Sato Saiko, interprétée par Kadowaki Mugi

Saiko est une jeune femme très introvertie, timide et effrayée par son propre pouvoir. Elle se sent monstrueuse. Ses baisers permettent de voyager dans le temps, mais tuent également les personnes en même temps. Grâce à Otaro qui va la poursuivre sans relâche afin d’utiliser son pouvoir avantageux à ses yeux, notre héroïne va changer et apprendre à s’accepter. Elle est prête à tout pour se racheter de ses fautes passer, et se transforme en outil pour Otaro sans la moindre hésitation.

Si les choses deviennent difficile, je le ferais n’importe quand. Jusqu’à que tu sois heureux, je t’embrasserai autant que le voudra.

— Saiko à Otaro —

J’ai eu souvent beaucoup de peine pour elle. Son sacrifice m’a beaucoup touché mais j’étais heureuse de cette évolution du personnage. Kadowaki Mugi a su donner vie à Saiko sans la rendre non plus ridicule ou vraiment coincée.

Namiki Takauji, interprété par Mackenyu

Le personnage de Takauji est plutôt intéressant, c’est un peu une sorte de Otaro inverse : sous ses airs très propres sur lui, il peut aussi se révéler mauvais. Il ne convoite pas l’argent mais plutôt le pouvoir et surtout Mikoto qu’il aime vraiment. Il ne supporte pas voir Otaro lui mettre des bâtons dans les roues et lui voler la femme qu’il aime (tout en sachant qu’en plus Otaro ne l’aime pas). Je dois avouer que cet ennemi était particulièrement fort : le nombre de fois qu’Otaro a dû remonter le temps à cause de lui ! S’il n’y avait pas de voyages temporels, Takauji aurait gagné le jeu depuis belle lurette. Plus Otaro prévoyait ses actions, plus il s’enfonçait du mauvais côté et prenait mauvaises décisions sur mauvaises décisions. Ce personnage deviens de plus en plus méchant, preuve que nos actions et les événements que nous vivons peuvent changer radicalement un individu. Parce que Takauji n’est pas méchant, c’est la vie qui va le rendre ainsi.

Namiki Mikoto, interprétée par Araki Yuko

Enfin nous avons Mikoto. C’est un petit peu la fille parfaite mais je l’ai plus ou moins apprécié car ce n’est pas le cliché de la fille riche et imbuvable. Elle sait ce qu’elle veut, elle est plutôt ouverte et même s’il se fait manipuler et tombe dans les filets de Otaro, elle n’en reste pas moins très perspicace. Plusieurs fois elle lit à travers le jeu d’Otaro et sans les voyages dans le temps, ce-dernier ne l’aurais jamais gagné.

Fin, OST et réalisation

Je ne suis pas déçue de la fin ! Pas de vraie happy end pour les héros et c’est mieux comme ça. Cela n’aurait pas été dans la veine du drama si d’un coup tout le monde devait gentil et était heureux pour l’éternité. Mais il est vrai que j’aurais aimé avoir un peu de moments encore entre nos deux héros. MAIS Todome no Parallel est là pour y remédier. Le dernier épisode de ce drama spécial nous offre 10 minutes de retrouvailles entre Saiko et Otaro (je vous conseille vraiment cet épisode). A défaut d’être vraiment heureuse, cette fin nous rassure en faisant en sorte que nos deux protagonistes se retrouvent.

J’apprécie également la fin donnée aux autres personnages, notamment Mikoto et Takauji qui trouvent leur propre bonheur ensemble.

J’ai eu un coup de coeur pour l’OST principal que j’ai écouté en boucle après avoir terminé le drama !

Concernant la réalisation, l’ambiance du drama est plutôt sombre ce que j’ai apprécié.J »ai bien aimé tous ces moments de voyage dans le temps, comme si on rembobinait une cassette (attention toutefois à ne pas trop en abuser).


Todome no Kiss n’est pas le meilleur drama japonais de tout le temps, mais il reste très original et prenant. L’ambiance du drama, les protagonistes ainsi que les thèmes traités sont différents de d’habitude et ce fut pour moi un vrai plaisir !

3 réflexions au sujet de “[J-drama] — Voyages temporels et baisers mortels dans Todome No Kiss”

  1. Je viens de finir mon revisionnage annuel de Todome même si je m’autorise à revoir mes passages préférés de temps en temps ou des fmv xD Et comme ta critique excellente, la fin m’a émue, j’ai les larmes aux yeux. On ne pouvait en effet avoir une fin heureuse mais certains évènements clôturant le drama m’ont moins plu que d’autres. Il serait temps que je regarde Todome no Parallel 🙂 Je regrette en plus d’avoir eu peu d’informations sur Saiko, que sa relation avec Takauji n’ait pas été approfondie. Encore une fois, j’ai hoché la tête pour la majorité de tes réflexions, merci!

    Aimé par 1 personne

    1. Ce drama est vraiment génial, je comprends que tu le regardes annuellement ! Comme toi je regarde souvent quelques fmv quand je repense au drama hehe
      J’ai également les mêmes regrets que toi, le drama n’est pas parfait mais on a tellement plaisir à le regarder 🤩

      Aimé par 1 personne

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