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[Thai-drama] — Project S : Skate Our Souls, drama poignant et réaliste sur la dépression

Ma note : 18/20

C’est après avoir vu passé Project S : Skate Our Souls de nombreuses fois sur le calendrier de l’Avent des dramas 2020 et après avoir lu le superbe article de Kiddo/Child Of Ghibli que je me suis finalement décidée à le commencer. Et merci à tous du conseil, ce drama traitant de la dépression était si réaliste que c’était parfois difficile, mais la guérison progressive du héros et l’évolution des personnages a un côté également très réparateur. Je ne suis donc pas du tout déçue de mon visionnage !

Skate Our Souls est le troisième volet d’une série de Nadao Bangkok intitulé Project S. Chacun des volets traite d’un thème particulier et Skate Our Souls (abrégé SOS, titre révélateur) aborde avec crudité et réalisme le sujet de la dépression. Notre héros, Boo (James), en est en effet malade, au point qu’il se scarifie et a des pensées suicidaires. Un jour il va faire la rencontre de plusieurs skaters, notamment Simon (Toni) et sa sœur Fern (Praew). Boo va se découvrir une passion pour le skate, passion qui pourrait devenir sa voie de guérison. Il sera aidé dans son parcours par sa docteur, Bell (Pat).

Attention : cet article va traiter de sujets tels que la dépression et le suicide, si vous n’êtes pas prêt ou que vous y êtes sensibles, ne lisez pas 😉

La dépression… mais qu’est-ce que c’est en fait ?

La dépression n’est pas un thème abordé dans de nombreux dramas, du moins pas dans ceux que j’ai pu voir. Et en plus de se saisir d’un sujet difficile, Skate our Souls réussi à le faire de manière incroyablement réaliste !

Dès le premier épisode, le drama met immédiatement les points sur les i en nous expliquant que la dépression est bel et bien une maladie. Ce n’est pas un choix de certains de voir la vie de façon pessimiste et ce n’est pas non plus lié à la personnalité d’une personne. En fait, contrairement à ce que l’ont peut entendre encore souvent, dépression n’est pas déprime ! Comme l’explique Boo, puis Bell, la dépression est liée à plusieurs facteurs dont principalement un dérèglement au niveau du cerveau : il y a un déficit de certains neurotransmetteurs, notamment la sérotonine (vous savez, cette petite « hormone du bonheur »… forcément quand on en secrète moins, ça explique beaucoup de chose !). Ainsi, malgré tous les efforts du monde, sans médicaments et aide des autres il peut être compliqué voir impossible de s’en sortir. La maladie se caractérise par de nombreux symptômes. Par exemple, notre héros, Boo, mange moins, est toujours triste, n’a plus du tout confiance en lui, a des pensées suicidaires et des troubles du sommeil. Il est à noter qu’il y a plusieurs stades de dépression, le plus grave (celui de Boo) conduisant à la scarification et surtout au suicide. Bon j’en termine avec ma définition de la maladie, mais je trouvais important d’en parler (et que le drama en parle) parce qu’il y a encore de nombreux tabous dans nos sociétés concernant ces maladies psychologiques et psychiatrique qui ne devraient pas exister !

Boo et son père

Pour en revenir à SOS, j’ai justement beaucoup aimé que le drama casse dès le début tous les préjugés que beaucoup peuvent avoir sur la dépression. Et pourtant : à mon grand malheur j’ai pu voir des commentaires critiquant Boo et l’accusant de pleurer trop souvent par exemple. Cela me sidère, personne n’irait dire à une personne tétraplégique de se lever et de marcher ! Ces personnes sont totalement passées à côté du message principal du drama donc nous ne nous attarderons pas dessus (je vais encore plus m’énerver sinon). Il n’empêche que plusieurs personnages incarnent certains préjugés que l’on peut avoir sur la maladie. Je pense au père bien sûr, mais aussi à Simon qui ne croit pas vraiment à la dépression au début et va parfois être trop dur avec Boo. Heureusement que Bell va remettre les pendules à l’heure avec une citation qui m’a beaucoup touché :

Il n’est pas faible à cause de lui-même. C’est la maladie qui le rend faible.

— Bell à Simon —

Puisqu’on parle de citation, j’aimerais ajouter que la véracité des dialogues et des monologues internes du héros m’ont beaucoup marqué. Sûrement parce que je me suis parfois retrouvée dans le héros et ses pensées négatives, car j’ai moi aussi été diagnostiqué d’une dépression il y a quelques années. Ce manque de confiance en soit et cette dépréciation constante, cette envie de pleurer, cette façon de faire parler les gens à notre place et de leur attribuer des pensées qu’ils n’ont souvent pas : ce n’est pas juste le drama, ce sont de vrais symptômes. Les dialogues ne sont pas bâclés, ils sont au contraire le fruit d’une vraie recherche sur la maladie. Je pense que toute personne ayant souffert d’une dépression ou connu une personne dépressive se sentira concerné. J’ai vu des personnes critiquer le fait (encore, oui !) que Boo verbalise trop ses sentiments et qu’une personne dépressive ne réagit pas comme ça. Alors disons-le une fois pour toute : la dépression est une maladie oui, il y a des symptômes oui, mais fort heureusement nous sommes tous différents ! Chacun à sa manière de vivre la maladie donc si Boo arrive à exterioriser c’est parce que c’est Boo 😉 Cela ne veut pas dire que toutes les personnes extériorisent de cette façon ou se scarifient, etc…

Skate our Souls ne s’enfonce jamais dans le mélodrame en romançant plus que nécéssaire l’histoire et la maladie de Boo. Le héros guéri peu à peu mais c’est dur, harassant presque, et la fin n’est pas en soit une happy end qui nous ferait rêver et entrer dans le monde des bisounours. Réaliste jusqu’au bout. Je voudrais ajouter que chacun des acteurs brille dans son rôle, et je me dois surtout de parler de la performance exceptionnelle de James. Pas une fois j’ai trouvé qu’il n’en faisait trop, il était totalement investi dans son rôle, à croire que l’acteur vivait vraiment une dépression. Ses expressions faciales, sa gestuelle : tout était parfaitement bien dosé. Cela m’a rappelé la performance de Oh Jung Se qui interprète Sang Tae, le grand frère autiste de Moon Gang Tae, dans It’s Okay To Not Be Okay. Là aussi j’avais vraiment cru à l’autisme du personnage tant l’acteur ne s’enfonçait jamais dans un surjeu à vous faire grimacer. Si j’avais déjà vu James dans The Great Men Academy, ici son jeu est d’un autre niveau ! Mais les autres acteurs, notamment Toni et Pat, interprétant respectivement Simon et Bell ne sont pas en reste non plus et je les ai adoré !

Comme toujours un petit MV (à regarder que si vous avez vu le drama!)

Skate our Souls nous en apprend donc beaucoup sur la dépression. Certains peuvent se sentir directement concernés, d’autres peuvent ne pas connaitre cette maladie et justement, c’est là où le drama est incroyable parce que même une personne qui ne connait pas la maladie sera touché et apprendra des choses (ou alors c’est un robot). La dépression ce n’est pas honteux, cela ne veut pas dire qu’on est faible ou déficient voir même qu’on est fou. Aller consulter un psychologue, un sophrologue ou un psychiatre n’est pas une chose secrète qu’il faut cacher à tout prix 🙂

Maintenant parlons des personnages !

Boo, interprété par James Teeradon

Boo

Boo est un héros pour qui on a beaucoup de peine dès le départ, mais j’avais aussi de l’espoir pour ce personnage, je ressentais son potentiel, un certain courage. Dès le début il se renseigne sur sa maladie, tente de faire quelque chose. Il a une volonté de guérir et de combattre la maladie qui est pour moi absolument admirable ! Le skate va être sa bouée de sauvetage, mais l’on n’oublie pas les nouvelles rencontres qui vont beaucoup l’aider. Boo a très peu de confiance en lui, se dénigre sans cesse et pense qu’il ne vaut rien. Mais en tant que spectateur, on voit très clairement que Boo, de part sa présence, va aussi apporter beaucoup à son entourage (son père, les skaters, Bell). Les autres vont devoir apprendre à être plus patients, à s’adapter, à comprendre ce qu’est la dépression, à être plus à l’écoute. Le père va s’ouvrir au monde du skate et abandonner ses préjugés. Boo n’est pas la personne inutile qu’il croit être, loin de là !

Simon, interprété par Toni Rakkaen

Alalala, Simon. Comme je l’aime ! Le personnage n’est absolument pas parfait, mais il a son petit côté charmeur et ses faiblesses qui me font craquer. Si, comme je l’ai dit plus haut, il a de gros à priori sur la depression, sa rencontre avec Boo va les déconstruire peu à peu. En vérité Simon est une personne qui se révèle ouverte et plutôt à l’écoute (la façon dont il écoute Bell par exemple). On se demande comment une amitié pourrait bien naître entre Boo et lui, et pourtant ! Leur amitié m’a tellement émue, ils en apprennent beaucoup l’un de l’autre. Simon va encourager Boo à sa manière et, sans lui, notre héros n’aurait peut-être pas réussi à s’en sortir aussi facilement ! Bref je l’adore.

Si tu n’arrives pas à croire en toi, alors crois en moi qui crois en toi.

— Simon à Boo —

J’ai trouvé très triste ce qui lui arrive dans les derniers épisodes, je me sentais vraiment mal pour lui. Et pourtant il arrive à pardonner à notre héros et c’était juste si beau.

Bouhou, ils sont si mignons

Bell, interprétée par Pat Chayanit

Olalalala, a peine est-elle apparu à l’écran que je l’ai adoré ! L’actrice, Pat Chayanit, a su donner vie au personnage de Bell avec tant de naturel (il faut que je revois cette actrice ailleurs, je suis preneuse d’idées de visonnages !). Bell est une interne en psychiatrie qui donne tout ce qu’elle a pour soigner ses patients, au risque de s’attacher à eux plus que permis. Très sensible, elle n’hésite en effet pas à traiter Boo comme un ami, voire même un petit frère, et elle va lui tenir compagnie très régulièrement pour le motiver, l’aider et le protéger. Je l’ai vraiment adoré, c’est un petit peu la lumière de ce drama, qui tient toujours des discours très humains et très censés. Très gentille, elle n’hésite jamais à rectifier ceux qui critiquent Boo ou sa maladie.

Etant une romantique dans l’âme, inutile de vous dire que sa relation avec Simon m’a énormément plu ! 😋 La façon dont elle va s’ouvrir à lui, et l’inverse également, était adorable et émouvante. Les deux forment une paire très atypique mais également complémentaire (j’aurais voulu plus de moments entre eux…). Bell aime beaucoup Boo et le fait passer souvent avant Simon car elle est consciente du danger qu’il court, mais elle n’hésite jamais à rappeler qu’elle tient aussi beaucoup à notre skater préféré, et j’adore l’honnêteté du personnage.

Le père, interprété par Tom Phollawat

Si j’ai détesté le père dès le premier épisode, force est d’admettre qu’on se rend compte dès le début qu’il aime beaucoup son fils mais qu’il s’y prend bien de la pire façon pour le lui montrer. Il veut que Boo réussisse dans la vie et lui impose une pression énorme (et souvent la dépression va de paire avec une pression imposée par notre entourage et/ou imposée par nous même). Le père représente donc au début tout ce qu’il ne faut pas faire/dire quand on connaît une personne dépressive. Tout ce que le père va dire à son fils : retenez-le pour ne jamais le dire à un malade, je vous en supplie. Les mots sont comme des lames de rasoir, chaque fois que le père disait une chose, pour Boo cela devenait un cauchemar. Et pourtant, le père va avoir une vraie évolution tout au long de la série et j’ai juste adoré cela ! Il va d’abord accepter que son fils soit malade (on voit son hésitation, lié à cette image que beaucoup ont sur les malades mentales. Parce que c’est mental il y a une sorte d’association avec la folie, une peur d’aller voir les psychologues voir les psychiatres). Le père va faire des efforts dès le début mais ceux-ci vont être assez minimes. C’est seulement lorsque Boo va décider de se suicider que le père va alors réaliser la gravité de la situation et va totalement paniquer, en réalisant à quel point il aime son fils. Je suis tellement heureuse de voir leur relation s’améliorer à la fin, de voir le père s’intégrer dans cette petite communauté de skaters, de soutenir son fils. J’avais des étoiles pleins les yeux.

Fern, interprétée par Praew Narupornkamol

Fern

Fern, sans la détester, est le personnage avec qui j’ai eu le plus de mal. Au début je l’aimais bien, c’est grâce à elle que Boo va avoir envie de tenter le skateboard, c’est elle qui va convaincre son frère, Simon, de laisser Boo les accompagner. Mais sa petite amourette avec Boo m’a troublé, car comme dit Bell, elle joue un peu avec le coeur de Boo, qui lui va prendre Fern trop au sérieux. Je ne dis pas que cette idée de romance était mauvaise parce que c’est aussi intéressant, c’est un moyen pour Boo d’en apprendre sur les relation humaines, que tout le monde ne fera pas ce qu’il veut, que tout le monde ne l’aimera pas comme il aime. Mais je ne sais pas, il y a quelque chose dans son personnage (et cette amourette) qui m’a fait moins l’apprécier.

Mais je t’aime. Alors pourquoi ne t’aimes-tu pas ?

— Fern à Boo — 

Fin et réalisation

La réalisation de ce drama est assez particulière mais elle concorde parfaitement avec l’esprit du drama de par son aspect assez psychédélique. Les tons de couleur variant surtout entre le vert, violet et bleu me faisaient parfois presque me sentir un peu mal, ce qui était très étrange. J’aime également les sortes de comparaisons présentent dans le drama, comme cette idée de Boo qui se noie chaque matin au réveil.

Pour la fin je n’est vraiment rien à redire. Je me suis beaucoup attachée aux personnages alors comme pour tout coup de coeur, on a tendance à réclamer un épisode en plus (juste les voir faire du skate ensemble….!) mais la fin est très bien comme ça. Skate our Souls est donc très bon, du début jusqu’à la fin.

La vie n’a peut-être aucun sens. Le simple fait d’être en vie est la meilleure chose qui soit.

— Boo —

Mais Simon n’a plus ses cheveux verts. Tristesse. 😆


Je sais que beaucoup trouvent ce drama difficile et je suis tout à fait d’accord. Mais personnellement j’ai aussi beaucoup souri (quand Boo était heureux !), parce que ce drama nous montre que les moments de bonheurs sont possibles même pour les personnes malades, qu’avec l’aide des autres on peut s’en sortir, que le suicide n’est pas (n’est jamais) une solution. N’hésitez d’ailleurs jamais à parler (à vos proches, à des médecins) et à demander de l’aide ! Il y a toujours de l’espoir 😊 

ce sourire !!

SOS est dramatique, c’est un appel au secours, mais les secours arrivent et c’est ça qui est tellement beau à voir. Ce drama abordant un sujet sensible et difficile, je ne peux pas le conseiller à tout le monde. Mais si un jour vous vous sentez prêt, foncez !


Photos : 1, 2, gif, 3, gif

9 réflexions au sujet de “[Thai-drama] — Project S : Skate Our Souls, drama poignant et réaliste sur la dépression”

      1. Bell… cet ange 😻
        Ce que j’avais adoré dans ton article c’est aussi toutes tes recherches sur l’investissement des acteurs et sur la dépression en Thaïlande, c’était très intéressant! J’aime beaucoup quand les dramas me poussent aussi à aller plus loin et à me renseigner sur certains sujet! 😌

        Aimé par 1 personne

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