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[J-drama] — Jeux mortels dans Alice in Borderland

Ma note : 17,5/20

J’ai d’abord émis une certaine réticence à commencer Alice in Borderland. Si en 2020 je me suis remise à regarder des dramas japonais, pendant longtemps j’évitais comme la peste les adaptions live de manga avec lesquelles j’avais le plus souvent beaucoup de mal. Heureusement il y a des exceptions et Alice in Borderland en fait partie ! Dès que j’ai vu la bande-annonce, j’ai su que la série avait un vrai potentiel (et des chances de me plaire). Les acteurs sont très bons (et j’aime beaucoup Yamazaki Kento), la réalisation superbe et l’histoire à l’air d’être très fidèle au manga (de ce que j’ai vu, car je n’ai pas lu le manga). En bref, Alice In Borderland est un très bon drama japonais que j’ai adoré ! Je préfère prévenir que cette série contient de nombreuses scènes de violences, aussi physiques que psychologiques. Ames sensibles s’abstenir.

Comme présenté dans le trailer, le drama raconte l’histoire de Arisu Rhyohei (ou Alice) un jeune homme au chômage qui passe beaucoup de temps chez lui à jouer aux jeux vidéos. Un jour alors qu’ils s’amuse avec ses deux meilleurs amis en évitant la police, les trois se retrouvent soudain dans un Tokyo désert : tout le monde à disparu. Arisu, Chota et Karube vont rapidement apprendre que leur seul moyen de survivre est de jouer à des jeux… mortels.

Alice in Borderland, aussi appelé Imawa no Kuni no Alice, est un drama japonais diffusé en 2020 et produit par Netflix. Réalisé par Sato Shinsuke, c’est une adaptation du manga shônen du même nom de Haro Aso et publiée entre 2010 et 2016. La série a été dans le top 5 des séries les plus visionnées sur Netflix France !


Bienvenue dans Borderland

Dès le début du drama, nos héros se retrouvent plongés dans cet univers (ce pays ?) effrayant qu’est Borderland. Très vite ils vont devoir réaliser que les fameux jeux qui leur sont proposés sont terribles et mortels mais ils sont également leur unique chance de survie. En effet, après chaque jeux, les gagnants se voient accorder un « visa » qu’ils doivent renouveler régulièrement. Avec à peu près un jeu par episode, autant vous dire que l’on ne s’ennuie pas du tout dans Alice ! Suspense, drame, action, thriller… il y a de tout pour vous procurer des émotions fortes ! Les questions qu’Arisu se posent et qui sont les mêmes que nous, spectateurs, trouvent déjà progressivement leurs réponses ce qui est très appréciable. Je ne me suis absolument pas ennuyée et j’ai souvent été prise au dépourvu par la tournure que prenaient les événements. Les réalisateurs ont parfaitement réussi à faire durer le suspense et le climat oppressant tout au long de la série.

Si au début de l’histoire on se focalise d’abord sur les jeux, qui sont tous aussi effrayants qu’intelligents (je serais sûrement morte dès le début…!), la découverte du nouveau monde et l’apparition de nombreux personnages nous offrent une quantité d’intrigues, qui se superposent souvent les unes aux autres. Arisu et Usagi, une jeune joueuse qu’Arisu va rencontrer et avec qui il va faire rapidement équipe, ne sont jamais à l’abris d’un danger, pendant les jeux mais aussi en dehors.

J’aime également beaucoup les différentes références à Alice au Pays des Merveilles (Lewis Caroll). Beaucoup de personnages sont liés à ceux de l’histoire originale. Arisu est bien sûr notre chère Alice, mais Usagi (qui veut dire lapin en japonais) est associé au lapin blanc par exemple. Ce n’est évidemment pas Usagi qui a entraîné Arisu dans Borderland, du moins pas à ma connaissance ! Le Chapelier porte bien son nom, lui aussi devenant « fou ».

Mais parlons justement de nos personnages. D’abord il y a Arisu, qui contrairement à ce que je pensais, n’est pas ce héros de shônen totalement stéréotypé. Complètement mis de coté pas sa famille et en quelque sorte oublié par la société, Arisu est pourtant une personne gentille, intelligente et qui va se révéler de plus en plus courageuse, malgré de vraies faiblesses. J’ai vraiment aimé ce héros et j’avais mal à chaque fois qu’il avait mal. Yamazaki Kento était vraiment bon, j’aime le voir varier autant ses rôles. Mais parfois son jeu reste un peu trop « japonais », frôlant le surjeu. Tandis qu’Arisu représentent plutôt la force psychologique, sa partenaire de choc Usagi (Tsuchiya Tao) représente la force physique. Si au début elle nous apparaît comme très solitaire, elle va finalement aider Arisu et depuis nos deux ne se quittent plus. J’aime l’équipe qu’ils deviennent et la vraie relation de confiance qui existe entre eux. Chacun s’ouvre peu à peu à l’autre et ne s’abandonne pas.

J’ai également aimé les amis de Arisu, Chota (Morinaga Yuki) et Karube (Machida Keita), avec un coup de coeur particulier pour Karube (et non ce n’est pas parce que c’était Machida Keita que je venais de voir dans Cherry Magic) ! Inutile de dire que j’ai été très mal lors du jeu du loup (7 de coeur) et je ne m’en remets d’ailleurs toujours pas vraiment. Kuina (Asahina Aya) est une femme que j’ai aussi beaucoup aimé, c’est la seule en qui j’ai plutôt confiance (outre nos héros) et en qui j’ai de l’espoir. Elle a, comme la plupart des joueurs, un passé compliqué mais elle a su s’affirmer. Bref, je l’aime et je veux qu’elle survive longtemps ! Je porte moins Chishiya (Murakami Nijiro) dans mon coeur, mais son personnage est intéressant. Rizuna An (Miyoshi Ayaka) est ambiguë et je n’arrive toujours pas à savoir ce que je ressens pour elle.

La face cachée de l’humanité

Comme dans beaucoup de récits de science-fiction dystopique (Hunger Games par exemple), Alice in Borderland nous révèle une face bien sombre de l’humanité. Dans ce monde où les trahisons et violences sont plus que fréquentes, personne n’est ni méchant ni gentil, et s’en est aussi déroutant que réaliste.

Règle numéro 3 : mort aux traîtres.

Le Chapelier

Alice in Borderland est un thriller psychologique qui cherche à analyser les différents comportement de personnes mises en permanence en danger de mort. Chacun des jeux est axé sur un thème particulier (émotions, force physique, intelligence). On peut voir comment réagissent chacun des personnages : leur comportement en groupe et celui lorsqu’ils sont seuls. Certains sont courageux, d’autres plus lâches ou bien encore, certains se servent des autres sans scrupules pour survivre. Et c’est bien ce qu’il y a de plus effrayant dans ce drama : réaliser tout ce qu’il y a de mauvais en l’homme, et tout ce qu’une situation similaire pourrait faire surgir en nous. Des personnages à l’allure « normale » dans le monde réel sont parfois métamorphosés, à l’image du Chapelier, Nagari ou Takatora. Cette sorte de « face cachée » est d’autant plus effrayante que plusieurs expériences psychologiques ont déjà été menées pour tenter de savoir si en tout homme se cache un bourreau, notamment lorsqu’ils sont soumis à des ordres supérieurs (voire l’expérience de Stanley Milgram par exemple). Dans le cas de Alice, se sont les règles du jeu qui représentent cette puissance supérieure.

Devant cette série nous nous retrouvons à nous poser des questions en permanence, à nous demander quel aurait été notre comportement durant tel ou tel jeu. Aurions-nous trahi pour survivre, nous serions-nous sacrifié, que ce soit pour un inconnu ou un ami proche ? Les thèmes de la vie et de la mort sont bien évidemment omniprésents dans ce drama qui nous fait réfléchir davantage à notre existence et nous mets sous pression en permanence !

Par ailleurs, l’absence de règles (à part celles du jeu) dans ce nouveau monde entraîne de nombreuses dérives. Violences, meurtres, viols.. tout y est. Beaucoup de personnages révèlent leur désirs les plus profonds. Ce qui est intéressant c’est qu’en offrant un passé à la plupart des participants, on comprend les motivations des personnages, ou du moins on comprend leur évolution. On remarque d’ailleurs que beaucoup de personnes transformées le sont parce qu’elles se sentent trahies par la société du monde réel, souvent traitées comme des sortes de parias (Niragi, Takatora).

Réalisation & fin

La réalisation de ce drama est au top ! Je ne attendais pas à autant savourer la réalisation d’un drama japonais, surtout de type live action mais pourtant, la qualité est bien là (et le budget aussi). J’avais parfois envie de faire des arrêts sur image et ce sentiment est si agréable. Certaines scènes de combats étaient très belles (Kuina contre Takatora par exemple) et je retiens des plans anxiogènes (Tokyo désert, les scènes du jardin botanique ou même le mur de cartes) ou inspirant une sorte de malaise (comme l’image ci-dessous, preuve d’un certain malaise sociale de nos héros). Après avoir vu les behind the scenes, je trouve cela incroyable, quand on sait par exemple que le décors de Shibuya n’était qu’un immense fond vert ! J’ai aussi adoré certains effets, comme lorsque nos héros se parlent par messages dans le premier épisode !

Chouta, Arisu & Karube

Pas de chansons dans Alice in Borderland, mais simplement des musiques instrumentales qui conviennent parfaitement à l’ambiance du drama et rajoutent une vraie touche de suspense et d’anxiété pendant les 8 épisodes.

Pour ce qui est de la fin, elle laisse totalement place à une saison 2 qui est d’ailleurs officielle. On visualise vraiment deux grands arcs et cela me plaît beaucoup à vrai dire. J’ai si hâte ! De plus, la série manga est terminée et est composée de 18 tomes. La saison 1 du drama est donc basée sur les 8 premiers tomes ‘environ 31 chapitres), on peut donc espérer que la saison 2 reprendra les événements des 10 derniers tomes (un trentaine de chapitres restant) pour que nous ayons droit à une vraie fin. C’est d’ailleurs l’avantage de faire une adaptation sur une série déjà achevée ! En attendant, je vais lire les mangas héhé.

A bientôt donc pour la saison 2 ~


Images : 2,3

6 réflexions au sujet de “[J-drama] — Jeux mortels dans Alice in Borderland”

  1. Je comprends pour tes réserves ! Je ne sais pas si tu crains plutôt les scènes de violence physiques ou celles plus psychologiques, il y a un peu des deux… je n’irais pas jusqu’à dire que c’est insoutenable, en matière de « violence » psychologique par exemple c’est très similaire à Save Me. C’est surtout stressant de voir les personnages en danger en permanence. Pour ce qui est des violences physiques il y a certains moments effectivement mais ce n’est pas atroce non plus! Je te dirais vraiment bien de commencer quand même, peut être tente le premier épisode et si déjà celui la ne passe pas trop alors arrête 😌 en vrai je te comprend car j’aurais beaucoup aimé voir Sweet Home mais j’ai trop peur 😨 😂

    Aimé par 1 personne

  2. Du coup, j’ai fait mieux que tenter l’épisode 1, j’ai tout regardé ! 😅 Et je suis bien contente d’avoir découvert cette histoire, même si j’aurais peut-être aimé deux trois détails de différents. Mais ce ne sont que des détails ! Comme toi, j’ai hâte de voir la suite ! 😁

    On devrait peut-être faire pareil pour Sweet Home, tenter le premier épisode, sait-on jamais ! 😂 (Mais j’ai trop peur en vrai ! 😬)

    Aimé par 1 personne

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