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[Manga & anime] : Mes seinen favoris – partie 1

Bonjour !

Après un premier article dans lequel je vous avais présenté quelques shōnens que j’apprécie beaucoup, je voulais aujourd’hui vous parler de seinens !

Qu’est-ce qu’un seinen ?

Le terme seinen désigne une autre catégorie de manga (et anime). Ce sont des mangas qui s’adressent à un public principalement masculin et plus âgé que les lecteurs de shōnens. Si ces derniers sont plutôt destinés aux 8-20 ans, les seinens s’adressent davantage aux 15-35 ans. Les histoires mises en scènes dans les seinens sont souvent plus matures, plus violentes ou plus complexes, s’adaptant au public visé. Comme pour les autres catégories de manga, les seinen sont publiés dans des magasines spécialisés, notamment le Weekly Manga Times ou le Weekly Manga Goraku. C’est intéressant de savoir que le seinen est un des genres les plus populaires au Japon aux côtés des shōnens et c’est aussi un des genres les plus anciens (depuis la fin des années 50) !

Beaucoup de seinens sont devenus célèbres voir incontournables. On pense notamment à Akira de Katsuhiro Otomo publié entre 1982-1990 qui fut un des premiers mangas traduits en France (ce qui a permis l’essor de cette culture manga dans le pays). L’histoire de cette série de science-fiction est celle d’un groupe d’adolescents plongé dans un néo-Tokyo (post-troisième guerre mondiale) et mêlé suite à une série d’événements à plusieurs expériences secrètes et complots politiques. Berserk, 20th century boy ou Mushishi sont également des seinens connus.

Vinland Saga, Makoto Yukimura

En 2005 paraît le premier tome de Vinland Saga, manga de Makoto Yukimura (aussi auteur de Planètes). Le succès est au rendez-vous, les 5 premiers tomes se vendant à plus d’un million d’exemplaire. En France, le manga est édité par Kurokawa depuis 2009. En 2019, la série est adaptée en anime (Wit Studio). Je n’ai jamais vu ce dernier mais personnellement je conseillerai davantage le manga, rien que pour les dessins que je trouve beaucoup plus beaux.

L’histoire se passe au XIème siècle en Europe du Nord. Nous suivons les aventures de Thorfinn, jeune islandais qui vit heureux avec sa famille. Mais un jour, son père Thors, ancien guerrier, est appelé au combat. Thorfinn s’infiltre dans le vaisseau, désireux de partir à la guerre que son père abhorre tant. Mais au cours du voyage, Thors est assassiné par Askeladd et Thorfinn jure de se venger, s’engagant dans l’armée de l’assassin de son père à l’âge de 6 ans. Son but : tuer Askeladd dans un duel à la loyal. Nous suivrons donc les péripéties de Thorfinn voyageant de pays en pays, et participant à des moments historiques comme l’invasion de l’Angleterre par les Danois

Vinland Saga est un manga que je lis depuis déjà au moins sept ou huit ans, ce qui me donne l’impression de littéralement grandir avec le héros. C’est un de mes mangas favoris, tout genre confondu ! Je ne suis pas étonnée que ce soit un seinen et pas seulement parce que c’est un manga parfois violent. Non, c’est surtout parce qu’il aborde des thèmes extrêmement intéressants comme la guerre, l’esclavage et la recherche de la liberté. L’histoire se passe au XIème siècle et on peut voir que l’auteur a fait de réelles recherches. Certains événements comme la découverte de l’Amérique par les Vikings ou les conflits entre Danois et Angleterre sont inspirés de faits réels. Les personnages également comme le héros Thorfinn Karlsefni ou Leif Erikson sont inspirés très librement de personnages ayant vraiment existés, parmi les premiers colons de l’Amérique (appelé Vinland).

Ce que j’adore dans Vinland Saga ? Beaucoup de choses ! D’abord les dessins sont absolument incroyables. Ils sont réalistes et surtout ils sont vivants. Les scènes de combats et d’actions en générale sont extrêmement bien dessinées et chorégraphiées, on y croit plus que jamais. J’adore ensuite l’histoire et surtout les personnages que l’on suit, qui se séparent et se retrouvent et que l’on voit grandir. Car Vinland Saga a cette formidable caractéristique de se dérouler sur plusieurs années. Et quand je dis plusieurs c’est vraiment plusieurs ! On rencontre Thorfinn à l’age de 6 ans et actuellement il doit avoir entre 26 et 28 ans. L’histoire se passe au moins sur 15 ans ! Il y a de vrais arcs et on peut voir tout le voyage du héros, qui est aussi un voyage personnel, cette aventure identitaire. Depuis la mort de son père Thorfinn passe par plusieurs phases : la colère, la vengeance, la culpabilité, la rédemption… J’adore voir grandir et changer un personnage ainsi c’est passionnant. Je me souviens que lorsque j’ai commencé Vinland Saga, je ne m’attendais pas à me plonger dans le voyage identitaire de Thorfinn, je pensais que toute la série serait comme le premier arc avec des combats à foison. Mais les combats avec poings et épées ne sont pas les seuls qui sont menées. Les réflexions sur la guerre, le pacifisme, la liberté, la mort et la vie ou sur le pouvoir sont formidables et pas manichéennes. On nous offre une pluralité de visions.

Une de mes couvertures favorites 😉

Les personnages secondaires ne sont pas en reste : il y en a une quantité importantes et ils sont tous complexes et complets, criant de réalisme. L’auteur accorde beaucoup d’importance à la psychologie des personnages. Je pense par exemple au personnage d’Askeladd (un des mes favoris) et de sa relation complexe avec Thorfinn que j’ai toujours adoré et qui aura toujours cet aspect « inexplicable ». Mais nous avons aussi Knut, tout aussi intriguant. Les compagnons de route que Thorfinn se fera au fil du temps, notamment Einar seront de véritables alliés et des personnes formidables. Je regrette parfois certains développement trop rapides (comme certaines retrouvailles ou la relation Gudrid/Thorfinn).

Vinland Saga est un manga que je conseille absolument, tant pour la richesse de son récit et de ses personnages, que pour ses dessins excellents.

Maison Ikkoku, Rumiko Takahashi

La re-publication en jolie perfect edition de Maison Ikkoku a été pour moi l’occasion idéale pour enfin lire cette histoire de la très célèbre Rumiko Takahashi. Si je connaissais rapidement la mélodie de l’adaptation française de Maison Ikkoku, Juliette Je t’aime, je n’avais jamais regardé aucun épisode. Le générique m’avait suffit pour penser que ce n’était qu’une histoire très romantique, niaise, qui passait à l’époque de mes parents sur le Club Dorothée. Et puis, il y peut-être deux ans, je suis tombée sur plusieurs articles parlant de Rumiko Takahashi, qui venait d’obtenir un prix au prestigieux festival d’Angoulême. Les critiques applaudissaient Maison Ikkoku, vu comme un de ses meilleurs mangas. Ça m’a clairement intrigué et j’ai retourné ma veste : j’allais essayer de lire ce manga !

Rumiko Takahashi – source

Maison Ikkoku est l’œuvre de Rumiko Takahashi, une mangaka très connue au Japon. Elle est l’autrice d’œuvre célèbre, dont celle dont nous allons parler, comme Inuyasha, Ranma 1/2 ou Urusei Yatsura. Cette dernière œuvre est une de ses premières qu’elle publie en 1978, année où elle reçoit également le prix « des jeunes artistes » (Shogakugan). La publication d’Urusei Yatsura va se poursuivre et gagner en popularité pendant neuf ans. L’auteure est connu pour son graphisme de qualité ainsi que pour ses histoires, souvent des romances, qui restent intéressantes et éloignées des clichés de shōjos. Takahashi a une façon de dépeindre ses personnages que beaucoup, dont moi, apprécient et saluent.

Le manga a donc été adapté en dessin animé, diffusée en France entre 1986 et 1988 sous le nom de Juliette, je t’aime. Les noms des personnages et des lieux, comme souvent, ont été modifié. Dans l’histoire originale, les personnages fument et boivent beaucoup d’alcool, la version française avait donc été particulièrement censurée.

Le générique de Juliette, je t’aime par Bernard Minet (parce que c’est drôle XD)

Maison Ikkoku c’est l’histoire de la vie de plusieurs habitants d’une pension dans les années 80 à Tokyo. Godai est un étudiant raté qui tente de réussir les concours pour entrer à l’université. Après un échec, il décide de quitter la maison Ikkoku, se plaignant du dérangement causé par les autres habitants. Mais le jour même arrive Kyoko Otonashi, la nouvelle gardienne, veuve à seulement 20 ans. Godai tombe immédiatement sous son charme et décide finalement de rester à la pension, supportant pour Kyoko les exubérances de ses voisins.

Les pensionnaires de la Maison Ikkoku — source

Dès le premier tome, j’ai adoré l’ambiance de cette série pleine d’humour, de situations cocasses et rocambolesques mais avec des personnages attachants qui évoluent au fil du temps. L’histoire se déroule sur plusieurs années, environ 7 ans au moins et on voit les personnages changer. Bien que la série soit en grande partie axée sur l’humour, cela ne retire rien au soin que l’autrice a placé dans l’écriture de ses personnages. Ils ont tous leurs défauts et leurs qualités et ils vont tous jouer leur rôle à un moment ou un autre. Je pense que certains pourraient dire que l’histoire tourne au rond, que ce n’est qu’une série de gags et que l’histoire n’avance pas, ou alors juste dans le dixième tome. Mais en vérité je trouve que l’évolution est plutôt ben faite. Maison Ikkoku c’est d’abord un manga qui m’a fait rire mais qui a su ensuite me toucher. L’histoire aborde des thèmes sérieux comme le deuil, le mariage ou la recherche d’emploi dans ce Japon des années 80. En plus, les dessins sont très jolis (même si des fois les héros masculins se ressemblent beaucoup !).

Emma, Kaoru Mori

Kaoru Mori (en dessin) – source

Je vous présente maintenant Kaoru Mori, une des mes mangaka favorite qui a jusqu’à ce jours écris deux séries majeures : Emma et Brides Stories (deux coups de cœur). Je voulais parler ici de Emma parce que Brides Stories n’est toujours pas fini. Kaoru Mori est née en 1978 à Tokyo. Elle commence à travailler dans le domaine des dōjinshis (des histoires ou des œuvres courtes réalisées par des amateurs) et crée notamment le personnage de Shirley, une jeune domestique de 13 ans. Un manga naîtra plusieurs années plus tard avec ce même personnage. Sa première vraie série, Emma, sort en 2002. Ce n’est pas un manga particulièrement populaire mais elle la poursuit et la conclu jusqu’en 2008. En 2013, Kaoru Mori entame une nouvelle série. Loin de l’Angleterre victorienne présentée dans Emma, la mangaka s’attèle désormais à nous présenter l’Asie centrale du XIXème siècle dans sa série Bride Stories. La mangaka a créé son personnage en manga qu’elle utilise pour les postface.

Emma et William – source

Emma se passe en Angleterre à l’époque victorienne et suit l’histoire d’amour d’Emma, une jeune gouvernante, et William Jones, un jeune homme issue de la haute société. Inutile de dire que leur histoire sera semée d’embûches, car à l’époque, il est impensable pour un homme de la haute société d’épouser une femme de classe inférieure. A travers leur histoire, on rencontre une multitude de personnages et, grâce à un travail bien documenté, Kaoru Mori nous présente l’Angleterre du XIXème siècle.

Si j’ai d’abord découvert Kaoru Mori avec Bride Stories, je suis très vite tombée sous le charme de sa série Emma. Si dans les premiers tomes le dessin est assez simple, on peut suivre au fil de l’histoire l’évolution artistique de l’autrice. Les dernière pages d’Emma sont très proches des premières pages de Bride Stories, montrant un vrai progrès. Kaoru Mori est une de mes mangaka favorites en terme de graphisme, j’adore énormément son style et la précision de ses dessins. Je me souviens avoir rencontré l’auteur lors d’un salon de livre. Il y avait avant une conférence et elle avait réalisé un dessin d’Amir (personnage de Bride Stories) en direct. C’était…magnifique ! J’avais été époustouflée !

Bride Stories et ses magnifiques graphismes – sources

L’histoire d’Emma apparaît effectivement comme une histoire d’amour impossible, mais j’aime beaucoup les différents personnages et la variété de relations que Kaoru Mori va développer et mettre en avant. Elle n’oublie pas ses personnages et leur offre à tous un vrai développement. Et finalement, il n’y pas qu’une seule romance, mais une multitude toutes aussi uniques que belles 😉 C’est une romance, mais surtout une sorte de récit tranche de vie sous l’époque victorienne et cela m’avait beaucoup plu.

Emma a également été adapté en anime (Emma Victorian Romance), que je n’ai jamais vu, et qui ne suit pas la même trame que le manga.

Une Sacrée mamie, Saburo Ishikawa & Yoshichi Shimada

Une sacrée mamie – source

Une sacrée Mamie est un manga très intéressant : c’est l’histoire autobiographique d’un de ses auteurs. Pour être plus précise, il est tiré du roman autobiographique de Yoshichi Shimada et c’est Ishikawa Saburo qui a fait de ce roman un manga (publié entre 2006 et 2010). Cette histoire tranche de vie se déroule au début des années 50, juste après la Seconde Guerre mondiale. A Hiroshima une jeune femme peine à élever ses deux enfants. Elle décide donc de placer un de ses fils, Akihiro, chez sa grand-mère à la campagne. Celle-ci n’est pas très riche et Akihiro va devoir s’habituer au mode de vie modeste et campagnard de sa grand-mère.

Le roman de Shimada Yoshichi a été vendu à plus de 4 millions d’exemplaires et a fait aussi l’objet de plusieurs adaptation (celle en manga évidemment, mais aussi en film et à la télévision).

Une sacrée mamie est une série humoristique avec un aspect très nostalgique car elle retrace la vie quotidienne d’une grand-mère et de son petit fils. Les personnages sont tous extrêmement attachants. On rigole, on a peur et on est triste avec eux. C’est aussi un manga très enrichissant et réaliste qui permet d’en apprendre beaucoup sur le Japon d’après guerre et sur la vie à la campagne. Les dessins simples mais efficaces de Ishikawa donnent vraiment vie aux aventures de Shimada. C’est une série que j’avais vraiment dévoré et qui me laisse d’excellent souvenirs, je la conseille sans hésiter !

Quartier Lointain, Jiro Taniguchi

Jiro Taniguichi est un mangaka extrêmement célèbre et j’ai choisi Quartier Lointain comme mon manga préféré de cet auteur. C’est une histoire en deux tomes qui se lit facilement, touchante, mélancolique et réaliste.

Jiro Taniguchi est né en 1947 et mort en 2017 dans une famille modeste. Dès les années 60 il s’intéresse au genre des seinens et décide de devenir mangaka en 1969. Il se rendra alors à Tokyo où il commencera d’abord par travailler comme assistant. L’auteur est très influencé par la bande dessinée européenne et adoptera un style proche de celui dit de « la ligne claire » (pour faire simple, c’est comme dans Tintin de Hergé : on repasse tous les contours en noir et on ajoute la couleur). Jiro Taniguchi est connu également connu pour ses magnifiques aquarelles pleines de précisions. Par exemple :

Aquarelle de Taniguchi – source

Taniguchi s’intéresse également au style gekiga (manga d’auteur). Son dessin évoluera beaucoup au fil des années, c’est un vrai pionnier dans plusieurs domaines et un artiste complet.

Quartier Lointain est manga dont la publication débute fin 1998 et s’achève au début de 1999. Il retrace l’histoire de Hiroshi, un homme de 48 ans qui, après une soirée tintée d’alcool, se trompe de train. Hiroshi se retrouve ainsi dans sa ville natale mais se retrouve mystérieusement transporté des années dans le passé, revenant à l’époque où il n’était que lycéen. Hiroshi réalise qu’il se trouve seulement 3 mois avant la survenance de l’événement qui semble avoir détruit sa famille. Ce voyage temporel sera aussi pour notre héro un moyen de comprendre son enfance et son présent et renouer avec les siens et avec lui-même.

Couverture de Quartier Lointainsource

Je n’ai plus beaucoup de souvenirs précis de cette histoire mais je me souviens avoir énormément apprécié. J’aime beaucoup les histoires axées autour de thèmes familiaux et sur une certaine idée de guérison. Notre héros qui va mal au début du récit va se retrouver peu à peu. La touche de fantastique de l’histoire avec le voyage temporelle est extrêmement bien utilisé. C’est touchant, nostalgique, parfois drôle et surtout réaliste. Et les dessins sont, comme toujours, d’une excellente qualité. Le manga a par ailleurs reçu plusieurs prix comme le prix d’excellence du Festival des arts médias (Japon) ou un prix lors du festival d’Angoulême en 2003 (France).


Sources :

« Le seinen, un manga principalement dédié à un public masculin », https://www.decitre.fr/bande-dessinee/manga-seinen

Wikipédia

Manga News

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