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[Thai-drama] – SOTUS : The series, l’amour n’a pas de limites

Ma note : 17,5/20

Drama de la GMMTV diffusé en 2016, SOTUS : The series est aujourd’hui un incontournable du genre Boy’s Love et est considéré comme un des meilleurs dramas thaïlandais. Cette adaptation du roman du même nom de Bittersweet met à l’affiche Singto Prachaya dans le rôle de Kongpob et Krist Perawat dans celui de Arthit.

L’histoire est celle de Kongpob, un jeune étudiant de première année en faculté d’ingénierie qui va découvrir le système SOTUS. Ce système de bizutage très courant en Thaïlande qu’il n’apprécie pas tente de lui faire comprendre l’importance de la relation senior-junior et du gear (engrenage), le symbole de sa faculté. Kongpob va aussi faire la rencontre des troisièmes années en charge du bizutage et notamment P’Arthit, pour qui il va peu à peu développer des sentiments.

Bande-annonce du drama

La popularité du drama (le roman était déjà très connu) fut telle que les deux acteurs furent projetés directement au rang de célébrité à l’échelle de l’Asie, alors même que c’était leur tout premier drama. La série fut populaire en Thaïlande mais également en Chine et à Taiwan ainsi que d’autres pays d’Asie. SOTUS est aujourd’hui vu comme un classique (je me répète mais ce drama est culte :)) et est souvent rediffusé. Comme petite anecdote, il faut savoir qu’en 2016 le roi de Thaïlande décéda et la diffusion du drama fut stoppée pour une période de 30 jours qui correspond à la période de jours de deuil officielle. Ainsi, les 8 premiers épisodes furent diffusés entre août et octobre 2016 et les 7 derniers entre novembre 2016 et janvier 2017. Un huitième épisode racontant les behind the scenes est également disponible sur YouTube, comme le reste de la série.

Un très gros coup de coeur

SOTUS est un de mes dramas préférés et je pense qu’il restera dans mon coeur pendant très, très longtemps (si ce n’est pour toujours). Il n’est pas parfait mais je l’aime énormément. En plus du fait que je trouve le drama génial, c’est aussi mon BL préféré et mon premier drama thaïlandais. Il tient donc une place vraiment particulière dans mon coeur. Je ne remercierai jamais assez Fuyu-san de m’avoir fait découvrir ce bijoux.

Si vous n’avez pas vu ce drama vous devez tout de suite aller lui donner une chance ! La romance, l’évolution des sentiments, les thèmes abordés, tout est très bien fait. Même si vous n’osez pas trop regardez de BL, ne vous fiez pas à cela. SOTUS est simplement un drama qui nous montre que l’amour ne tient pas compte ni du genre, ni du temps, ni de l’espace, comme le dit lui-même notre cher Kongpob (voir l’interview de Kongpob et Arthit). SOTUS : The series est aussi un drama qui nous montre comment se passe l’intégration des premières années et le bizutage dans les universités thaïlandaises.

Une introduction au système SOTUS

Lors de mon visionnage du drama, je ne connaissais absolument rien au système SOTUS. J’étais donc assez intriguée par une phrase à chaque début d’épisode expliquant que les événements décrits dans le drama étaient tous accentués. Je me suis renseignée et j’ai découvert que le système SOTUS n’est pas une invention et qu’il existe bel et bien en Thaïlande. Ce système, qui signifie “Seniority, Order, Tradition, Unity, Spirit, est basé sur un bizutage qui parfois très violent. Ce sont les élèves plus âgés qui bizutent les nouveaux entrants, dans le but de forger l’esprit d’équipe et de permettre un rapprochement entre les différentes générations tout en n’oubliant jamais la question du respect. Le bizutage est parfois si violent qu’il existe des cas d’accidents graves voire mortels et aussi des suicides. C’est donc un sujet extrêmement grave au centre de nombreuses polémiques en Thaïlande.  

Each and everyone of you must strictly follow my order !

P’Arthit

Les 7 premiers épisodes du drama au moins sont donc principalement centrés sur les activités de bizutage ainsi que le développement et l’évolution des relations (surtout d’amitié mais aussi senior-juniors) entre les différents personnages. La romance arrive principalement dans la deuxième partie et j’ai aimé qu’on laisse une grande place aux autres types de relations et à la description du système SOTUS. C’était très intéressant de découvrir des pratiques culturelles très différentes des nôtres.

Pour être très sincère, j’ai détesté la manière dont Arthit traitait les premières années. C’était parfois très violent et il mettait la santé des étudiants en danger (comme montré dans une scène d’ailleurs). Mais Arthit n’est pas méchant et c’est là la subtilité du drama : on ne peut pas le détester. Les étudiants de troisième année ne souhaitent pas spécialement être aussi violents (du moins pas tous), mais ils ont un rôle qu’ils ont l’obligation de tenir, dans une sorte de respect des traditions. Je ne dis pas qu’ils ont un pistolet sur la tempe et Arthit aurait pu parfois éviter de prendre certaines décision mais je pense que lorsqu’on grandi dans cette société on est en quelque sorte forgé à voir le système SOTUS comme normal. De plus, n’oublions pas que tous les chefs de bizutage ont aussi été bizuté lors de leur première année : ils reproduisent ce qu’ils ont vu.

Premières années lors des activités de bizutage

Et cette dureté venant de ceux chargé du bizutage est malheureusement réelle. Le drama SOTUS nous montre donc plutôt bien comment se passe le bizutage et à vrai dire, ce bizutage est même plutôt « gentil » contrairement à ce que j’ai pu apprendre par la suite. On nous montre l’importance du symbole et des chants de la faculté, des exercices physiques, mais aussi de la relation entre seniors et juniors.

De mon point de vu ce drama dénonce plus ou moins les dérives du système par le prisme de différents étudiants comme Wad et bien sûr Kongpob qui est le premier à se rebeller. Notre héros n’accepte pas cette manière de procéder et l’abus d’autorité de certains troisièmes années dont Arthit. Et là où les choses deviennent plus intéressantes, c’est que l’on ne nous offre pas une vision manichéenne du système. En effet, SOTUS peut, si le processus de bizutage n’est pas mené de manière abusive, créer une certaine solidarité et une cohésion entre les étudiants de la même promotion et entre les étudiants du même « code » (le numéro étudiant, seniors et juniors). Je pense, comme Kongpob, que certaines valeurs prônées par le système sont intéressantes mais les ainés ne doivent pas abuser de leur pouvoir et faire subir ce genre de choses violentes et humiliantes aux autres étudiants. Kongpob prouve que le système SOTUS peut être mené différemment, en faisant preuve d’autorité sans pour autant être violent et cruel. C’est ce que j’ai beaucoup aimé, on peut voir différentes visions se confronter. Et on se rend compte que ce système n’est facile pour personne, que ce soit les nouveaux étudiants ou ceux qui effectuent le bizutage. On réalise également que les professeurs semblent avoir un faible rôle sur ce que font les étudiants et cela était par contre assez terrifiant.

Mais ce drama n’a pas pour autant la vocation d’être engagé et d’être anti-SOTUS. C’est plus une manière de nous montrer un petit peu comment se passe le bizutage (non-extrême) en Thaïlande plutôt qu’une véritable critique du système.

Le seul inconvénient de cette partie c’est les quelques longues engendrées. Le début était parfois un peu trop lent et on aurait aimé aller un peu plus vite.

Une romance douce et naturelle qui prend son temps

Je n’ai pas vraiment de mots pour décrire cette magnifique romance qui est définitivement une de mes préférées. Le couple formé par Kongpob et Arthit est absolument sublime, réaliste, touchant et… mythique. Leur histoire prend beaucoup de temps à se mettre en place mais cela la rend très naturelle. Il y a beaucoup de scènes entre les deux protagonistes qui peuvent sembler banales mais en fait c’est ce qui rend les choses très réalistes. Tout sonne juste dans SOTUS. Et il faut prêter attention aux détails ! Contrairement à des dramas qui nous montrent les choses parfois grossièrement, ici il faut savoir saisir les petits gestes, les regards, les non-dits pour nous permettre de comprendre les sentiments des personnages. Dans SOTUS, il y une sorte de tension, une alchimie électrique entre les héros que j’ai absolument adoré. Quand Kongpob et Arthit se regardent, on a impression qu’ils se parlent avec leurs yeux (et on fond). L’évolution des sentiments se fait donc tout en douceur et selon la personnalité de chacun des héros. Par ailleurs, les deux participent à la construction de leur relation et pas seulement Kongpob. Arthit, malgré ses doutes et ses peurs, fait aussi avancer les choses (parfois beaucoup même). Il y a vraiment une complémentarité entre nos deux protagonistes.

Petit MV à l’appui

J’ai adoré le personnage de Kongpob dès le début du drama. J’aime comme il est sincère et honnête avec les autres et avec lui-même. Il a des valeurs et principes qui lui tiennent à coeur et ne dévie jamais de la voie qui lui semble la plus juste. Il fait presque « trop » parfait et propre sur lui par moment (surtout avec sa petit coupe de cheveux). Cela change durant la deuxième saison évidemment. En tout cas c’est une personne très droite qui accorde beaucoup d’importance à l’amitié….et à l’amour. Quand il aime une personne il le montre vraiment et fait tout pour la garder. Pas un instant on ne doute de son amour.

Arthit quand à lui apparaît comme un dur mais c’est une personne assez sensible, timide (du moins en matière de sentiments) et qui a peu confiance en elle. On se demande presque comment il a pu finir chargé du bizutage. Il tient aussi beaucoup à ses amis mais contrairement à Kongpob il a plus de mal à admettre ses sentiments et sa sexualité mais il y arrive finalement en faisant des efforts qui payent leurs fruits.

Enfin, pouvons-nous un instant parler de toute la symbolique autour du gear ? C’était juste magnifique à chaque fois, j’ai énormément aimé cela.

The gear is in your heart. The heart is in your gear. If you ask someone to take care of your gear, it means you ask that someone to take care of your heart.

Concernant les romances secondaires, je les ai tous trouvé très mignonnes mais elles étaient parfois peu développées (je pense à Perm et Wad, on ne sait pas trop si c’est de la bromance ou plus). J’aime beaucoup Aim et May, enfin plutôt l’amour que Aim voue à May c’était très beau. J’ai aimé sa sincérité envers elle et le fait qu’ils communiquent et parlent de leurs sentiments. Leur fin n’est pas si mauvaise 🙂

Un BL différent des autres : les sentiments avant l’intimité

Comme dit précédemment, ce drama est un Boy’s Love (BL pour les connaisseurs, que l’on peut trouver sous le terme de Yaoi au Japon). Ce type de drama est une romance entre deux hommes avec souvent mais pas toujours des scènes intimes entre les deux héros (et les couples secondaires, souvent tous homosexuels) pour satisfaire un public majoritairement féminin. Devenu un genre à part entière, les scénarios des BL peuvent parfois se ressembler et réunir des clichés similaires (méchants personnages féminins, scènes intimes particulièrement explicites, tous les personnages sont gays, jalousie excessive, etc). Or, SOTUS semble sortir du lot car il évite quasiment tous les clichés présents dans les BL. Par exemple dans SOTUS nous avons des couples de tout genre : homosexuels (hommes et femmes) et hétérosexuels ! C’était la première fois que je voyais autant de diversité et j’en étais ravie.

Par ailleurs, j’aime la manière dont les personnages se questionnent sur leur sexualité dans ce drama. Une phrase m’a énormément marqué. Suite aux reproches de son meilleur ami par rapport au fait qu’il ne lui ai jamais avoué qu’il aimait les hommes, Kongpob réplique : « Je n’aime pas les hommes. J’aime P’Arthit ». J’ai trouvé cette citation très belle et elle résume parfaitement l’esprit du drama. Kongpob tombe amoureux d’Arthit et inversement parce que ce sont Kongpob et Arthit. Beaucoup ont critiqué ce passage en expliquant que les personnages du drama refusent d’admettre qu’ils sont gays. Je ne suis pas vraiment d’accord et cela peut se voir dans plusieurs scène (celle dans laquelle Arthit doit cocher une case du questionnaire et celle du pont Rama VIII). Lorsque que Kongpob prononce cette phrase que j’adore, je pense qu’il veut surtout mettre en avant les sentiments qu’il a pour Arthit. Il aime les hommes et les femmes certes mais c’est surtout Arthit qu’il aime avant tout. De même, pour Arthit, le fait que celui-ci soit amoureux de son amie d’enfance n’est pas totalement contradictoire car il arrive que des personnes homosexuelles ne se reconnaissaient pas/ne s’acceptent pas. Mon interprétation personnelle est qu’Arthit ne s’est jamais posé la question de savoir s‘il était gay ou non avant de rencontrer Kongpob. Pour lui il était hétéorsexuel et je pense qu’il aimait vraiment son amie d’enfance, mais il a pris cette amitié forte pour de l’amour. Et après avoir rencontré Kongpob c’est là où il réalise ce que c’est d’être vraiment amoureux d’une personne qui nous attire aussi « sexuellement » parlant. 

– I don’t like men, I like P’Arthit.

– What? Isn’t it the same ?

– It’s not the same.

– How?

– If he’s not P’Arthit, then I don’t like him.

— Kongpob et Aim —

Enfin, dans cette série les personnages découvrent peu à peu leur sexualité et elle n’est pas acquise au début du drama. Et le sujet est beaucoup mieux amené que dans d’autres BL ou des héros deviennent gay du jour au lendemain. Certes, les personnages de SOTUS peuvent aussi donner cette impression mais au moins ils se questionnent sur leur sexualité et ont peur des répercussions et du regard des autres. Cela rend la série beaucoup plus réaliste. Et on a même un petit coming-out par rapport aux amis !

Personnellement, je n’ai pas été dérangée par le manque de scène intimes. La relation des deux héros débute vraiment à la fin alors un trop grand nombre de scènes intimes aurait rendu la relation plus bizarre qu’autre chose. Je vois pas les deux héros, et surtout pas Arthit, devenir super à l’aise avec so partenaire en moins de quelques jours. Les sentiments dans SOTUS s’expriment de plein d’autres manières que les baisers, et c’est ça qui est très beau.

Des personnages secondaires qui ne sont pas mis de côté

J’ai beaucoup aimé les personnages secondaires, qui, bien que parfois peu présents pour certains, ont chacun une personnalité propre et intéressante. Les personnages sont tous plus ou moins mis en valeur à certains moment de la série. Aim (interprété par New) était comme un gros nounours, Bright (joué par Off) me fait trop rire. Le jeux de New me semblait par contre un peu fade par moment mais c’est son personnage qui est parfois un peu trop, comment dire cela gentiment, mou ?

J’ai apprécié que le thème de l’amitié soit aussi présent et nous n’avons pas seulement une amitié soit entre garçons soit entre filles. Non, on a vraiment un groupe d’amis. Les filles ne sont pas vus comme de simples méchantes (comme dans beaucoup de BL), elles sont toutes aussi intéressantes. Et l’on a même une lesbienne, Praepilin 😉 La concernant, j’aurais aimé que son personnage soit mieux développer et sa relation avec Kongpob également. Ils ont vraiment l’air de bien s’entendre alors des passages entre eux, notamment des discussions à propos de leur sexualité auraient été intéressants et les bienvenus. J’ai beaucoup aimé les amis de chacun des deux héros avec qui ils communiquent beaucoup, se confient. Si Arthit a tendance à tout garder pour lui, il n’hésite quand même pas à se confier à ses amis, souvent Perm ou Knott. Et ses amis sont à l’écoute. De même pour les amis de Kongpob qui s’inquiètent pour lui quand il ne va pas bien.

Krist et Singto

Je voudrais juste revenir sur les interprétations des acteurs. Malgré le fait que ce soit leur premier drama, les deux (et surtout Singto) ont été incroyablement bons. Ils arrivent à nous faire passer des messages puissants rien qu’avec leur yeux. Biens sûr leur jeu n’est pas non plus exceptionnel et ils ont encore des progrès à faire, mais pour un premier drama, c’était vraiment très bon. Le fait que les deux acteurs soient proches dans la vraie vie (ils ont étudié dans la même université et Singto a un an de plus que Krist) permet de rendre les scènes encore plus naturelles. Jamais SOTUS n’est malaisant ou gênant. Kongpob et Arthit resteront à jamais dans nos coeur, merci à Krist et Singto de leur avoir donné vie.

Ils sont A-DO-RABLES ❤

J’en ai terminé de ce magnifique drama qui malgré des défauts (parfois beaucoup de lenteurs, certains personnages qui auraient pu être mieux exploités, un jeu d’acteur qui manque parfois d’expérience, une fin un peu étrange) reste une perle.

Est-ce que ce drama est à voir ? Oui, mille fois oui !

| Lire aussi : Top 5 scènes

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